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Mon week-end à la mairie du 16e arrondissement

Quatre gentils membres du club ont tenu le stand du JÉEN aux journées portes ouvertes des associations qui se déroulaient les 25 et 26 septembre à la mairie du 16e.

La pêche

C'est une tâche délicate que celle consistant à recruter des volontaires pour tenir le stand du JÉEN aux journées des associations de la mairie du 16e. Cela consiste à aller au club le vendredi soir, à saluer chaleureusement les personnes présentes, puis à leur demander aimablement de leurs nouvelles (sans oublier de jeter un coup d'œil aux pendules de manière à ne pas perturber un zeitnot enragé, ce qui serait une grave faute de goût).

A cet instant, se rappelant que je suis le trésorier du club, certains prennent une mine embarrassée et dégainent leur chéquier en me voyant approcher. Je dissipe rapidement le malentendu, et je commence à présenter l'opération. J'explique que c'est intéressant pour le club, que c'est important pour nos relations vis-à-vis de la mairie, qu'il faut absolument occuper le terrain, etc. A cet instant il faut avoir l'air sincère, être persuasif et il faut faire vite : dès que les pièces seront rangées et que la pendule sera réglée, il sera trop tard… Alors, certaines mines s'allongent davantage.


JC
mairie


"Pistonnés"

Mais c'est un fait : même surbooké, le sociétaire de club d'Echecs reste sensible aux arguments tactiques. Nous avons donc tenu le stand à 4 : Paul-Alain Causse le samedi après-midi, Matthieu Chollat-Namy et Jorge Cantero le dimanche après-midi, et moi le samedi matin.

Côté matériel, j'avais embarqué quelques affiches au club, massicoté une bonne centaine de losanges jaunes (l'inimitable prospectus du JÉEN) et j'avais pensé à prendre le plus important, ce qui fascine les visiteurs : l'échiquier et la pendule.

Sur place, l'ambiance est sympa : on installe son petit coin, on décore son stand, on se salue : "Je vous reconnais, vous êtes le club d'Echecs". "Oui Madame". "On vous a donné une table plus grande cette année parce que vous avez toujours du monde". Ca, c'est sympa. Ou alors : "Vous, vous êtes des pistonnés, on vous a rajouté des chaises". Merci Monsieur ! Ensuite j'ai dû recommencer la pose des affiches car la déco ne plaisait à une autre dame, qui avait bien voulu me donner son avis…Voilà, c'est mieux comme ça. Il ne manque plus qu'un numéro d'Echec et Mat négligemment posé sur la table, et c'est prêt.


Pas de blitz dans l'immédiat

Il y a les organisateurs qui vous proposent un café, ceux qui vous demandent des nouvelles de Marc. Mais bientôt on devine une certaine agitation qui se rapproche : il s'agit du maire et du député qui font le tour des stands au pas de charge, suivis d'une meute d'officiels et de journalistes. "Ah ! Voilà le plus beau stand", lance M. Fain en gagnant notre table. L'adjoint au maire, qui m'avoue avoir été classé, décline une proposition de blitz non sans m'avoir demandé mon Elo. Il promet de revenir plus tard me faire mon affaire.

J'ai un problème

Sinon, c'est un réel moment de détente ; j'aime passer quelques heures à observer le public : on discute avec les enfants, on répond aux questions, on écoute surtout. On fait aussi des rencontres. Entre deux visiteurs, j'essayais de résoudre un problème d'Europe-Echecs, pour une fois que j'avais la possibilité de disposer les pièces sur l'échiquier.


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Arrive alors un monsieur âgé qui s'intéresse à la position. On bavarde, il s'assied. Nous essayons plusieurs solutions… et c'est lui qui trouve la réponse ! Au bout d'un moment, il demande à faire une partie. Je lui propose alors la pendule. "D'accord, dit-il, mais dix minutes, parce que je manque d'entraînement". Je perds alors ma dame une première fois sur une gaffe dans une Est-Indienne, et je perds encore la revanche avec les Blancs ! Il a 72 ans et avoue avoir été classé 1700. Parmi les visiteurs se cachent de vrais passionnés qui ne décrochent jamais…

Nicolas Umbach-Bascone

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